twitter-iconfacebook-icon

Actualité
: (07/11/14) Communication des Comités Provinciaux
: (09/03/14) Publication de l'article "Il n’y a plus assez de Georges Lambert sur nos terrains"
: (20/10/14) LETTRE OUVERTE AU MONDE DU FOOTBALL AMATEUR, AU MONDE POLITIQUE ET A TOUS LES AMOUREUX DU FOOTBALL."
: (28/04/14) Publication de l'article "Un pur Anderlechtois devenu supporter du Standard !"
: Suivez notre actualité sur Facebook (www.facebook.com/Statfootbe) et Twitter (@statfoot_be)
Évaluer cet élément
(1 Vote)

Insaghi vous explique comment marquer

 

Sport foot 23/11/11

 

Par Vikash Dhorasoo et Lucas Duvernet-Coppola

 

Pippo Insaghi en 32 questions.

 

Je suis une idole

 

S’il ne devait rester qu’un ce serait lui. Ni vraiment rapide, ni vraiment physique, ni vraiment technique ? Superpippo a passé sa carrière à collectionner les buts du tibia, de la hanche et du nez.

Une question de chance ? ‘’Plutôt une question de génie’’, répond-il, interview avec le plus grand des rapaces.

 

Le 6 novembre dernier, Milan n’a pas fait le détail contre Catane (4-0). A la 79°, Massimiliano Allegri décide  de faire sortir Robinho qui, brillant reçoit les applaudissements du public. Mais ce n’est rien à côté du coup de tonnerre suscité dans les secondes suivantes par la montée au jeu de Pippo Insaghi.

 

Ce n’est pourtant pas la première brève apparition en championnat cette saison de l’attaquant qui avait disputé quelques minutes contre l’Udinese le mercredi 21 septembre et contre Cesena le samedi suivant. Probablement que l’incertitude qui a plané jusqu’à la fin des rencontres, jouées à San Siro, n’était pas propice à la fête.

 

Et quand mi-mai, six mois presque jour pour jour après sa blessure, il est monté au jeu contre Cagliari, c’était dans le cadre de la célébration du titre conquis le week-end précédent à Rome. Un geste plus symbolique qu’autre chose …

 

  1. 1)Quelle a été ta réaction quand tu as rejoué quelques minutes contre l’Udinese, après dix mois de?

 

Pippo Insaghi : Alors ça été long et dur. Je n’avais vraiment pas besoin de cette blessure, je me sentais très bien. Je venais de mettre un doublé contre le Real Madrid en Ligue des Champions.

 

Mais voilà, les croisés, les deux ménisques… A mon âge, ce n’est pas simple. Je suis revenu cet été, puis je me suis fait mal à un mollet. Là mon genou va mieux.

 

  1. 2)Tu as 38 ans. Tu n’as jamais pensé à arrêter durant cette pé?

 

Arrêter non. Je veux redevenir l’Insaghi que tout le monde connaît. Je crois que le public de Milan mérite de revoir Insaghi sur le terrain et je crois que ma carrière le mérite aussi. Et puis, je ne suis pas capable de rester sans football. Si je ne m’entraine pas, si je ne joue pas, je me sens mal. Je me sens comme un chien. Un exemple comme un autre : la veille de la dernière mise au vert, alors que je ne m’étais entrainé avec l’équipe qu’une seule fois depuis dix mois, je suis venu avec mon sac. J’espérais être convoqué, alors que je savais très bien qu’il aurait été juste que je ne le sois pas. Les gens me disent : -Mais comment tu fais pour être encore comme ça avec tous tes trophées ? En fait, c‘est comme si j’étais toujours un jeune joueur qui espère.

 

  1. 3)Tu crois que tu as encore des choses à?

 

Je n’ai jamais eu la prétention de tout savoir. Ce n’est pas parce que j’ai 38 ans et que j’ai marqué tant de buts que… Ca, non. Les jeunes d’aujourd’hui, tu sais comment ils sont.

 

Ca marque un but, ça se sent tout-puissant, ça n’a plus envie de s’entrainer, ça sort le soir…

 

Moi, j’ai toujours essayé d’apprendre de chaque entraîneur.

 

  1. 4)Comment ça se passe, parce que tu ne rentres dans aucun schéma?

 

Non, c’est vrai. D’ailleurs, j’ai joué avec tous les modules possibles. Je crois qu’un bon joueur peut jouer avec n’importe quel dispositif tactique. Et un bon entraîneur fait son module en fonction des joueurs qu’il a à sa disposition. Le module doit être la dernière chose. Carlo Ancelotti était comme ça. Allegri aussi. La différence entre le grand entraîneur et l’entraîneur lambda tient, selon moi, dans sa capacité à comprendre les joueurs, à être psychologue.

 

  1. 5)Toi, tu te considères comme un footballeur ou comme un?

 

Je pense qu’un grand joueur est un grand buteur. Je ne sais pas comment dire.

 

  1. 6)Un grand gardien peut être un grand joueur.

 

Oui, bien sûr. Et il y a aussi des gens comme Zidane, comme Kaka, des champions absolus. Selon moi, un grand joueur doit être un grand buteur parce qu’on se souvient d’un joueur surtout pour les buts qu’il met. Et des joueurs comme moi, David Trezeguet, nous sommes des grands joueurs car nous sommes des grands buteurs. Nous avons marqué plus de trois cents buts.

 

Parce que nous avons eu la chance d’évoluer dans de grandes équipes, c’est vrai. Mais il y a aussi nos qualités. Il y a une chose incroyable : j’ai été meilleur buteur de Série A avec l’Atlanta Bergame.

 

  1. 7)Quand tu rentres sur le terrain, tu penses seulement au?

 

Avant oui. Plus jeune, je ne vivais que pour le but. Quand je ne marquais pas, je me sentais mal. Puis au fil des ans, il m’est arrivé de marquer beaucoup de but et de ne pas gagner. Je me rendais compte qu’il manquait quelque chose. Alors j’ai commencé à voir les choses différemment. J’ai compris que le plus important c’était de gagner. Quand tu commences à avoir plus de 30 ans, c’est normal. Tu te rends compte aussi que même que si tu ne marques pas pendant trois matches, les gens gardent une bonne image de toi. Parce qu’ils se souviennent de ce que tu as fait. Parce que ce que tu as fait par le passé reste. Maintenant, je sais aussi qu’Insaghi a toujours été vu comme celui qui doit toujours marquer. Donc…

 

  1. 8)Tu as le sentiment d’être le dernier attaquant d’un certain?

 

Oui. Tu sais, c’est un jeu difficile. Il faut en connaitre les règles. En Italie, Alberto Gilardino me ressemble sur quelques points, peut-être. Au Milan, nous avons Andrea Paloschi. Il est bon, c’est un bon gars. Il a des mouvements qui ressemblent aux miens. J’espère qu’en mûrissant, il pourra faire de belles choses. C’est vrai aussi que dans le football d’aujourd’hui, il est difficile de trouver des joueurs comme moi. Peut-être Trezeguet. Tous les deux, nous sommes des joueurs qui participons peu au jeu. Mais nous sommes fondamentaux dans la surface. Disons le simplement : marquer, c’est ce qu’on sait faire de mieux. Voilà. J’aime avoir le poids de la victoire sur les épaules. Avoir des responsabilités m’a toujours rendu plus fort, et ç me donne encore plus de force. Je ne sais pas comment dire. J’ai toujours aimé les attaquants. Quand j’étais petit, je suivais Paolo Rossi, Marco Van Basten. C’étaient des attaquants de référence. En 82, quand Rossi est le meilleur buteur du mondial…

 

On m’a souvent dit que je lui ressemblais dans ma façon de jouer : renard ses surfaces

 

  1. 9)Les attaquants d’aujourd’hui comme Rooney et Ronaldo ne sont plus faits sur le même modèle. Ce sont des joueurs très puissants.

 

Oui, c’est devenu une mode. Les joueurs grands, puissants, forts de la tête. Je ne suis pas très grand. Sur plus de trois cents, j’en ai inscrit entre 70 et 80 de la tête. Qui peut deviner en me voyant que j’ai marqué 100 buts de la tête ? Personne. Mais pourquoi ça été le cas ? Pourquoi ? Je vais te dire, c’est très simple. Je n’ai pas besoin de sauter plus haut que les défenseurs molosses, parce que j’ai déjà un mètre d’avance.

 

  1. 10)A part Trezeguet, tu regardes les autres?

 

Trezeguet, je le regarde parce qu’on dit de lui ce que l’on dit de moi : il vit pour le but. Oui je regarde les autres attaquants. Van Nistelrooy a toujours été un grand adversaire que j’estime beaucoup. En 2003 quand on a gagné la Champions Ligue on a lutté tous les deux pour le titre de meilleur buteur de la compétition. Je crois que j’ai marqué douze buts et lui quatorze. Je crois que jamais deux attaquants n‘avaient autant marqué dans cette compétition. Maintenant, je crois que le plus grand joueur du monde est Lionel Messi. Messi et Christiano Ronaldo. Malheureusement, je n’ai que très peu joué avec Ibrahimovic. J’ai joué trente minutes avec lui l’an passé contre le Real, j’ai marqués deux buts, puis je me suis blessé. Tous ces attaquants je les regarde volontiers.

 

  1. 11)Tu regardes les?

 

Bien évidement. Moi, je connais tout le monde. Je sais les défauts et qualités de tous les défenseurs. Tout ça m’a beaucoup aidé. Si j’ai affaire à deux défenseurs centraux, j’essaye de jouer sur celui qui, selon moi, est le plus faible. Sur celui qui m’accordera une chance de plus que l’autre. On a dit de moi que c’était moi qui marquais le défenseur pas le contraire. Ce n’est pas faux. Moi, j’essaye d’exploiter les faiblesses de mes adversaires. J’étudie tout.

 

  1. 12)Etudier cela veut dire? Tu prends des notes ?

 

Non, non. Je connais tout le monde maintenant. Je connais toutes les caractéristiques des défenseurs que je vais affronter.

 

  1. 13)Tout le monde te connaît aussi.

 

Oui, tout le monde me connaît aussi. Au fil des années, ils ont appris à me connaître, et ils me craignent.

 

  1. 14)Tu as des défenseurs préférés, ceux avec qui tu sais que ça va être plus simple pour?

 

Postulat de départ : rien n’est jamais facile. Surtout quand tu joues dans le championnat italien, ou en coupes d’Europe. Je ne me suis jamais dit que ce serait facile. Il m’est arrivé de marquer trois buts quand je pensais que ça allait être dur et de ne pas marquer face à des équipes plus faibles. N’importe quel but est important. Après, c’est vrai qu’il y a des défenseurs… quand Alessandro Nesta et Paolo Maldini étaient mes adversaires, quand j’affrontais Ciro Ferrara, Walter Samuel, Ivan Cordoba… C’est dur de leur marquer des buts. Ça m’est quand même arrivé. Tout le monde comment je joue, alors je sais que c’est à moi d’être fort.

 

  1. 15)Tu ne doutes?

 

Quand physiquement je suis bien, non. Je ne doute que quand je me blesse longtemps.

 

16)Roberto Baggio disait qu’il était tranquille quand il recevait un ballon dans la surface, que c’était comme si le temps s’arrêtait. C’est pareil pour toi ?

 

Oui je suis très serein quand je joue, il faut bien le dire. Aucun stade ne m’a jamais fait peur. Quand je me sens bien, je n’ai peur de rien. Je suis conscient de mes forces. Je sais que je peux rater parce que je suis humain. Le fait aussi de bien préparer les matches la semaine fait que je n’ai aucun regret si je rate un but, parce je sais que j’ai tout fait à la perfection. Si je rate, c’est parce que ça arrive. Ce n’est pas parce que je ne suis pas entraîné ou parce que je n’ai pas bien fait les choses ? Ça, ça aide à être serein.

 

17) Comment as-tu vécu la finale de Ligue des Champions d’Athènes en 2007 contre Liverpool, lors de laquelle tu as mis deux buts ?

 

Comme le moment ou le rêve que j’avais en tête quand j’étais gamin s’est réalisé. Tu joues une finale de Ligue des Champions, tu gagnes 2-1, et tu as la chance de marquer les deux buts de ton équipe. Quatre ans plus tard, les supporters du Milan me parlent encore de ce match. Ce sera sans doute encore le cas dans dix ans. Il faut aussi avoir un peu de chance pour marquer des buts, même si la chance n’est pas tout.

 

Moi j’ai marqué 315 buts. Si tu marques dans une seule finale, on pourra toujours te dire quelque chose. Mais, si comme moi en 2007, tu marques deux buts en finale de Ligue des Champions, deux en finale du Mondial des Clubs et un en Super coupe d’Europe…. Tu marques 5 buts en 3 matches. Ça restera pour toujours.

 

18) Après la finale, Adriano Galliani a dit de toi que tu étais un « immortel du Milan ». Que ce serait à toi de décider où, quand et pourquoi arrêter ta carrière, que le club s’adaptera à ta volonté.

 

Oui cela fait plaisir. Ces victoires m’ont donné du crédit auprès de beaucoup de monde, parfois même trop ! L’an passé, j’ai gagné le scudetto alors que je n’avais presque pas joué. Avec moi les gens ont été Pfiouuuuu… C’était super impressionnant. Ça me rend fier. Je suis une idole. Quand je me lève à San Siro, il y a toujours un vacarme incroyable. Même mes adversaires me complimentent souvent : ils me disent qu’ils aimeraient avoir quelqu’un comme moi dans leur équipe. Et les supporters de la Juventus me témoignent encore de l’affection. Récemment, le Milan était en Chine. Moi je n’ai pas pu y aller, mais tout le monde m’attendait là-bas. Galliani me racontait dernièrement qu’en Chine, au Japon, j’ai des tonnes de fans.

 

19) Pourtant, ton style ne plaît pas à tout le monde : en France, tu en énerves plus d’un.

 

Oui, oui (il rit). Que dire ? J’ai toujours joué comme ça, et à 38 ans, je suis toujours sur le terrain. Je suis un exemple pour beaucoup. Je ne plais pas à d’autres. Bon. Il faut accepter la critique. Je vais te dire, la plus belle chose, c’est qu’il s’est passé ce qu’il s’est passé. Les mots s’envoles, les Ligues des Champions testent. Ce qui reste aussi, c’est ma lutte contre Gerd Müller et Raul. Les dépasser en termes de buts, entrer contre le Real et changer le cours du match avec un doublé à 37 ans ? Ça, ça reste.

 

20) Une des choses qu’on dit souvent, c’est que tu mets beaucoup de buts moches. Par exemple, ton premier but contre Liverpool lors de la finale d’Athènes : tu contres la balle sur un coup franc de Pirlo.

 

Oui, j’ai un peu de chance sur ce coup-là.

 

21) Et contre Lyon, en Ligue des Champions 2005-2006 87° minutes de jeu. Le ballon touche deux fois les poteaux sur une frappe d’Andriy Shevchenko, toi tu tombes, tu te relèves e tu pousses au fond. Encore de la chance ?

 

Ah oui je m’en souviens. Poteau, poteau, but. Personne d’autre que moi ne serait allé vers le ballon. Moi je savais qu’il allait y avoir poteau, poteau. Tu rigoles, mais c’est vrai. Sinon, je n’aurais pas couru vers la balle. C’est vrai que j’ai marqué des buts que les gens considèrent comme des buts faciles. Mais crs buts-là, je suis le seul à les mettre. A la limite, Trezeguet aussi. Pourquoi ? Parce que nous avons ce que les autres n’ont pas. Ce qui ne s’apprend pas. Ce qui ne s’enseigne pas.

 

22) Le flair ?

 

Plus que le flair, je préfère parler de compréhension du jeu et de timing. Ce n’est ^pas facile de savoir se déplacer sur la ligne du hors-jeu. Croire en certains ballons, ne pas croire en d’autres. Savoir partir au bon moment…Je ne sais comment te dire. Tu vois, je n’arrive même pas à l’expliquer, c’est pour ça que l’on ne peut pas l’enseigner. Tu l’as, ou tu ne l’as pas. Souvent, très souvent je me suis effrayé tout seul en marquant des buts, parce que j’avais déjà tout vu avant que cela n’arrive vraiment. Je me disais : « Le ballon va arriver par-là ». Et effectivement, c’est ce qu’il se passait. Si tu peux améliorer des choses, il y en a d’autres, tu dois les avoir en toi. Et remercier Mère Nature.

 

23) Qu’est-ce qu’on peut améliorer ?

 

La connaissance des autres : ceux qui sont contre toi, et ceux qui sont avec toi. Moi, je connais à la perfection mes adversaires et aussi mes coéquipiers. Je sais que si untel déborde, neuf fois sur dix, il va le mettre à un tel endroit. Et que si c’est un autre qui déborde, cinq fois sur dix, le ballon va arriver à un tel endroit. Concrètement, combien de fois j’ai marqué au premier poteau sur des centres de Serginho ? Il me la mettait toujours au même endroit, très fort. Rui Costa, combien de buts il m’a fait marquer, lui aussi ? Lui, il savait que je joue toujours en première intention. Avec Kakà, nous avons tout gagné. Parce qu’au bout d’un moment, on se connaissait par cœur. Il savait ce que je voulais et inversement. Avec l’âge, j’ai aussi évolué. J’ai essayé de doser mon énergie et de choisir mes appels. Avec le rôle qui est le mien, ce n’est pas facile.

 

24) Pour marquer, tu as besoin d’être en forme physiquement ?

 

Pour n’importe quel joueur, c’est primordial. Encore plus pour quelqu’un comme moi, car mon jeu repose sur des départs arrêtés. Je me dois d’être toujours aux aguets. Si physiquement tu n’es pas là…. Si l’an passé à 37 ans presque 38, j’ai réussi à être important pour le Milan à marquer deux buts contre le Real Madrid, c’est parce que je sais me gérer. On a souvent parlé de mon régime : pâtes et bresaola. Pour moi, ce sont des choses normales. Ne pas sortir le soir, ne pas se bourrer la gueule, ce n’est pas un sacrifice. Ce sont des choses normales. Souvent, quand tu vieillis, tu as tendance à penser que tu peux en faire moins qu’avant. C’est exactement le contraire. Quand tu es jeune, tu peux te permettre quelques excès. Quand tu es vieux, non. Si tu manges bien, si tu te comportes bien, si tu t’entraînes bien, alors le football te donne des joies (il ferme les yeux)…qui sont incroyables.

 

25) C’est quoi ton rapport avec la ligne de hors-jeu.

 

Etre dans le temps. Tu peux te retrouver deux fois hors-jeu. Mais la troisième fois tu roules les défenseurs dans la farine. Là encore, mes coéquipiers sont extrêmement importants. Avec Antonio Cassano, par exemple, je peux jouer à cheval sur cette ligne imaginaire, je peux faire le funambule, parce que je sais qu’il va me passer la balle en première intention.

 

Quand j’étais seul en pointe avec deux milieux derrière, c’était incroyable.. Tout le monde jouait pour moi. En 2033, j’ai marqué trente buts.

 

26) Ferguson a un jour dit de toi que tu étais né hors-jeu.

 

(Rires) C’était une blague, qu’il m’a expliquée par la suite. Il voulait dire que je suis un obsédé, et que je suis toujours dans l’attente. L’attende du moment où les défenseurs vont se faire berner, et où je vais marquer. Heureusement que cette règle du hors-jeu existe. Sans elle, je n’aurais pas pu exister, tous les défenseurs m’auraient attendu dans la surface…Et je ne suis pas un colosse, je n’aurais pu lutter, ni me battre dans les airs.

 

27) Tu veux rentrer dans l’histoire ?

 

Non, non, enfin

 

28) Enfin quoi ? Tu veux dire que tu es déjà dans l’histoire ?

 

Non…Oui…Oui, si. C’est beau non ? C’est beau parce que je n’avais pas ce qu’avaient Ronaldinho ou Ronaldo et que j’ai marqué plus buts que tout le monde . C’est une belle leçon.

 

29) Tu as des regrets ? La sélection italienne, par exemple ?

 

Des regrets ? Comment pourrais-je en avoir ? Avec la sélection, j’ai marqué vingt-cinq buts en cinquante matches, dont vingt seulement en étant titulaire. Très honnêtement, j’aurai sans doute dû jouer plus. Si j’avais plus joué, là aussi, j’aurais sans doute battu le record. Avec la Nazionale, il s’est passé des choses bizarres. Comme à la coupe du monde 2006, je n’ai pas compris. J’étais sans doute l’attaquant le plus en forme. Je sortais d’une saison formidable. Pareil en 2008, je venais de marquer 16, 17 buts avec le Milan. Je n’ai pas été appelé. Vraiment il s’est passé des choses bizarres.

 

30) Tu te sens champion du monde ?

 

En 2006, j’ai joué vingt-cinq minutes, j’ai marqué, un but décisif, j’ai vécu une joie incroyable, puis je n’ai plus rejoué. Des choses étranges, encore. Tu sais, quelqu’un comme moi, quand il joue peu …La coupe du monde est un peu moins à moi qu’à d’autres. Mais oui, quand même, je suis champion du monde. Ça me va très bien comme ça.

 

31) Tu n’en as plus pour longtemps. Tu y penses ?

 

Je n’y pensais pas jusqu’à l’année dernière, parce que jusqu’à ma blessure, j’étais très bien. Je n’avais pas de problèmes. Maintenant, oui, j’y pense…

 

32) Le jour de ta conférence de presse d’adieu, tu diras quoi ?

 

Je ne sais pas. Je ne sais pas …. Ce sera un moment difficile. Ne plus marquer me manquera énormément. Ne plus jouer au football me manquera énormément. Enfin la vie continue, et elle continuera. Je devrai m’inventer un autre métier, mais je resterai dans le football. J’espère au Milan, car mon nom est très lié au club. J’ai un  excellent rapport avec Silvio Berlusconi et Galliani. La marque Milan a été importante pour Insaghi et Inzaghi a été important pour le Milan. Continuer ensemble serait très beau. Je pense que je peux beaucoup donner, surtout aux jeunes. Comment vivre en tant que footballeur, comment devenir un grand professionnel, comment devenir un grand joueur. Ce genre de choses. Après, c’est sûr que c’est difficile d’apprendre à devenir Pippo Insaghi…

 

Biographie

 

  1. a)Pippo Insaghi est né le 9 août 1973 à Piacenza (Italie)
  2. b): 1m81, 74kg

 

C)    Surnom : Superpippo.

 

d)    Son parcours : a fait ses classes à Piacenza effectuant ses premières apparitions en équipe fanion au cours de la saison 1991-1992 (D2, 2m). Durant l’été 92, il part en prêt à Leffe (D3, 21m/13b) et après un championnat à Véronne (D2, 36m/13b), il revient une saison  Piacenza (D2, 37m/15) qu’il aide à monter en Série A. Après des passages d’un an à Parme (15m/2b) et à l’Atlanta (23m/24b, meilleur buteur de la série A), il se stabilise à la Juventus, qui a déboursé 10 millions d’Euro en 1997 (120m/57b). Pendant l’été 2001, il passe à Milan, ou le 18 mai il prolonge son contrat jusqu’à la fin de la présente saison (198m/72b).

 

e)  son palmarès : 3 fois champion d’Italie (1998, 2004, 2011), Coupe d’Italie 2003, Super Coupe d’Italie 1997, 2 Champions League (2003, 2007), 2 super coupes d’Europe (2003, 2007), mondial des clubs 2007.

 

f)  Ses 312 buts : 156 en Série A avec le goal inscrit lors d’un test-match en 1998-1999, 28 en Série B, 13 en D3, 16 en Coupe d’Italie, 2 en super coupe, 70 en coupes d’Europe, 2 au mondial des Clubs et 25 en équipe nationale.

 

g) 57 caps/25 buts avec l’équipe d’Italie. Champion du monde 2006

 

Quelques phrases clé.

 

Souvent, je me suis effrayé en marquant des buts parce que j’avais déjà tout vu avant que ça n’arrive vraiment…

 

Je n’avais pas ce qu’avaient Ronaldinho ou Ronaldo. Mais j’ai marqué plus de buts que tout le monde. C’est une belle leçon…

 

Heureusement que cette règle du hors-jeu existe. Sans elle, je n’aurais pas pu exister, tous les défenseurs m’auraient attendu dans la surface…

 

Laissez un commentaire

Veuillez remplir tous les champs obligatoires (*) svp !

statfoot.be | Website by Siteweb-Service